L’université comme acteur culturel singulier sur son territoire

Il est essentiel de démultiplier l’impact culturel de l’université pour les étudiant·e·s et les citoyen·ne·s.  Améliorer nos dispositifs et actions sur nos campus et dans la Cité, reconnaître le rôle singulier d’une université créatrice de connaissance et densifier nos partenariats avec les autres acteurs culturels et socio-culturels doivent être des priorités.

Comment l’université peut-elle participer à l’émergence d’un territoire créatif ? Endosser notre responsabilité sociale implique de tisser des relations étroites avec notre environnement proche. Les actions qu’il faudra conduire touchent à la recherche elle-même, au développement économique au travers la valorisation de la recherche, à la formation tout au long de la vie et à l’insertion professionnelle des étudiant·e·s. Elles touchent aussi au développement culturel et intellectuel de notre territoire. Elles impliquent notre communauté, les étudiant·e·s et les personnels, mais aussi les acteur·trice·s du territoire (communauté éducative, acteurs socio-économiques…), le grand public et les familles. 

Nos chercheurs sont au cœur des grands défis de notre société. Les sciences humaines et sociales (par ex. la sociologie, les sciences de l’information, la philosophie) qui analysent, observent et décèlent les fonctionnements et ressorts des grands mouvements qui nous traversent, ont un rôle très particulier à jouer à l’heure des contre-vérités et des réseaux sociaux.

L’objectif est bien sûr de rendre accessibles les résultats de la recherche, mais cela va bien au-delà : participer à un dialogue, aux débats qui animent la société, stimuler l’esprit critique et donner des outils afin de mieux décrypter le monde, par exemple l’évolution des démocraties à l’époque des fake news. La transition socio-écologique, qui mobilise les capacités humaines dans tous les champs, doit également être au cœur de nos liens avec la société.

Il s’agit aussi d’expliciter comment la science et les connaissances se façonnent et se construisent parfois contre nos intuitions et croyances,  le rôle des chercheurs et la façon dont ils travaillent et se posent des questions. Ceci permet d’affronter le débat sur certains sujets en en comprenant les ressorts sociaux, psychologiques, anthropologiques, économiques (inaction environnementale, remise en cause de la vaccination, énergie…).

Avec l’université Ouverte, les Presses universitaires, le service Sciences arts et culture, le Service commun de documentation et ses 10 Bibliothèques universitaires, l’université de Franche-Comté possède un fort capital pour mener à bien cette mission. Il s’agit de mieux structurer leurs actions, de tisser de nouveaux partenariats et de reconnaître l’engagement des enseignant·e·s-chercheur·e·s dans les actions qu’ils et elles mènent.

S’appuyer sur l’existant

  • L’Université Ouverte est un formidable dispositif présent sur tout le territoire. L’implication des jeunes enseignant·e·s-chercheur·e·s et doctorant·e·s doit être favorisée. Le programme annuel peut porter encore davantage de sujets liés à l’actualité, en imaginant des formes d’interventions nouvelles, liées notamment à l’intergénérationnel.
  • Développer une collection d’ouvrages grand public aux PUFC.

Mieux organiser structurellement notre université pour simplifier et accompagner l’implication des chercheur·e·s et doctorant·e·s 

  • Renforcer les volets « sciences.société » dans les programmes de recherche, associés à des financements. 
  • Sensibiliser et former davantage les jeunes chercheur·e·s à la médiation scientifique. 
  • Financer des avenants « médiation scientifique » aux contrats doctoraux.
  • Dédier un volume d’heures à la culture scientifique dans le service des enseignant·e·s-chercheur·e·s.

Des sciences citoyennes

Faire bénéficier les élus en charge des politiques publiques des connaissances et réflexions de la recherche, en amont de leur prise de décision, en créant des sessions de rencontres entre les chercheur·e·s et chercheuses et les élu·e·s des collectivités locales sur des sujets de politique publique, par exemple la pile à hydrogène et la maîtrise de l’énergie, l’aménagement du territoire et les dynamiques écologiques, le numérique ou la gestion de l’eau.

  • Soutenir les démarches de RRI (recherche & innovation responsable), en promouvant et en aidant à l’organisation des sciences participatives, à l’implication des citoyen·ne·s dans la construction de la recherche, en faisant travailler des étudiant·e·s de master et des équipes sur des sujets de recherche émanant de la société civile (associations, particuliers…).
  • Intensifier les liens entre les laboratoires et l’enseignement primaire et secondaire, que ce soit pour implémenter la méthodologie scientifique comme outil d’apprentissage des sciences ou pour favoriser l’innovation pédagogique dans l’enseignement primaire et secondaire.

Faire de nos campus, des campus ouverts sur la société

Les acteur·trice·s culturel·e·s (scènes nationales, associations, musées…) s’emparent également des questions vives de notre société. En travaillant davantage avec elles, au travers de projets impliquant enseignant·e·s-chercheur·e·s, étudiant·e·s et artistes, il s’agit de :

  • Favoriser la créativité des étudiant·e·s et du personnel.
  • Permettre l’accès des étudiant·e·s à ces formes de culture, source d’émancipation.
  • Créer un lien entre notre université, le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie et le Musée du temps.
  • Intensifier la présence des artistes et de leurs œuvres à l’université.
  • Œuvrer à la visibilité des créations artistiques de notre communauté universitaire étudiant·e·s et personnels, sur nos campus.