Texte de campagne

Macha Woronoff

Chères et chers collègues,

Plus de six mois après le vote du 10 mars dernier, vous serez à nouveau appelés à exprimer votre choix le 16 octobre prochain en vue du renouvellement de la gouvernance de notre université.

La crise sanitaire sans précédent que nous traversons, avec son cortège de conséquences qui pèsent sur les étudiant·e·s comme sur l’établissement, et les échéances multiples et cruciales qui s’offrent à nous dans les semaines et les mois à venir rendent plus que jamais urgente la prise de fonctions d’une équipe forte, déterminée, compétente, structurée et immédiatement opérationnelle.

La longue campagne électorale qui nous a mobilisés pendant plusieurs semaines, au début de cette année, a été éprouvante pour nous tous, candidats et électeurs. Avec constance, nous avons fait le choix de ne pas riposter aux attaques et avons toujours privilégié le débat d’idées, exposant inlassablement notre programme et les valeurs qui le sous-tendent. Cette ambition que nous avons pour l’Université de Franche-Comté n’a pas changé et nous tenons à redire toute notre détermination à mettre en application les mesures et les principes que nous avons amplement présentés dans les documents que nous vous avons adressés et qui sont toujours en ligne sur notre site (https://machaworonoff.fr).

Néanmoins, nous ne pouvons éternellement nous laisser attaquer sans jamais répliquer, ni laisser se répandre de fausses informations sans rétablir la vérité. Comme vous le savez, nous n’avons déposé aucun recours au terme du scrutin du 10 mars dernier. Après avoir proclamé partout leur victoire[1], Daniel Gilbert et son équipe en ont déposé deux [2] (en toute logique, puisqu’il est bien connu que le vainqueur d’une élection demande ordinairement toujours son annulation !). Sur le premier recours, le problème était lié à une erreur de décompte (pour le collège A du CA) dans l’un des bureaux de vote. Dans l’impossibilité de déterminer à quelle liste l’erreur avait profité, la commission de contrôle des opérations électorales (CCOE) a logiquement annulé le scrutin du collège A au Conseil d’administration. Le second recours réclamait l’annulation pure et simple de la totalité des élections de mars dernier, pour tous les conseils et pour tous les collèges, invoquant « de nombreuses irrégularités ». La CCOE en a jugé différemment, repoussant ce recours à la fin du mois de juin. Le candidat adverse a alors déposé un nouveau recours en appel auprès du Tribunal administratif (TA) [3], une nouvelle fois repoussé dans une décision rendue le 9 septembre 2020.

Alors que notre établissement est affaibli par l’interruption du processus de renouvellement de sa gouvernance, incapable d’engager le dialogue et le travail en commun indispensable avec la nouvelle équipe aux commandes de l’Université de Bourgogne depuis mars 2020, alors que l’évaluation très prochaine de l’ISITE requiert qu’une équipe pleinement opérationnelle puisse prendre des décisions, alors que le processus d’évaluation HCERES de l’établissement devra bientôt être engagé, ces recours et appels ont retardé la mise en place d’une nouvelle gouvernance et fait courir à l’UFC le risque d’une paralysie prolongée, compromettant le bon déroulement de projets importants conditionnant notre avenir commun.

Cette volonté de contester jusqu’au bout le scrutin pour des motifs très peu convaincants (comme l’ont démontré les décisions successives de la CCOE et du TA) met notre établissement en situation de faiblesse. Cette attitude n’est pas celle que nous nous sommes efforcés d’adopter depuis le mois de mars dernier. Au cours de ces longs mois de suspension du processus électoral, nous ne sommes pas demeurés inactifs. Nous avons d’abord travaillé avec soin sur notre projet de gouvernance que nous avons voulu structurer de manière efficace et responsable, avec un souci prononcé d’équilibre et de représentativité de toutes les composantes et de tous les domaines de notre Université. Structuré en six pôles, il répartit leur pilotage de manière équitable entre le domaine SJEG (VP CA et VP RH), le domaine SHS (VP recherche), le domaine ST (VP CFVU) et le domaine Disciplines de santé (Présidence), mais aussi entre Besançon et le Nord Franche-Comté (VP relations internationales et VP relations avec le monde socio-économique), comme vous pourrez le mesurer à l’examen de notre schéma de gouvernance. Cette même diversité se retrouvera dans la distribution des charges de vice-président·e·s, vice-président·e·s-délégué·e·s et chargé·e·s de mission, puisque toutes les composantes de l’UFC et de très nombreuses disciplines seront représentées.

Cette équipe, nous l’avons voulue renforcée afin de faire face de manière rapide et efficace aux défis qui s’offrent à nous. Nous l’avons aussi voulue expérimentée, afin d’être prête à agir immédiatement, dès son entrée en fonction, sans qu’aucune période d’adaptation ou de latence ne soit nécessaire à sa mise en route. Elle repose sur l’association harmonieuse de collègues qui ont l’habitude de prendre en charge de lourdes responsabilités, notamment dans la gestion des finances, des formations et de la recherche, et d’éléments plus jeunes et dynamiques qui incarnent l’avenir de notre Université. Soudée, cette équipe est déjà au travail afin d’être en mesure d’assumer immédiatement sa charge dès l’issue des élections si celles-ci devaient nous être favorables.

La démarche affichée par Daniel Gilbert et son équipe apparaît aux antipodes de la nôtre. Reposant sur une critique systématique formulée depuis des mois, alors que nous n’avons cessé de nous projeter dans la construction de l’avenir, centré sur des thèmes de campagne fondés sur le dénigrement de l’adversaire, alors que nous nous sommes efforcés de présenter et de défendre un vrai programme, le discours de nos compétiteurs ne nous semble pas à la hauteur des enjeux auxquels nous devons répondre. À la différence de la nôtre, leur équipe de gouvernance ne reflète pas la diversité disciplinaire de notre université, car elle ignore le domaine Disciplines de santé et néglige très largement plusieurs composantes de l’UFC. Cette polarisation des fonctions de direction, concentrées sur un nombre réduit de domaines, ne nous semble pas de nature à assurer cette cohésion, ce sentiment d’inclusion de l’ensemble des personnels de l’UFC dans une démarche et un projet communs, indispensables à la réussite de notre établissement pendant le mandat à venir.

L’issue du scrutin de mars dernier pour les deux conseils composant le CAC (Commission recherche et CFVU) témoigne également de notre aptitude à prendre sereinement en main la conduite de l’UFC. En contradiction avec le discours de victoire diffusé par l’autre candidat, le vote dans ces conseils ne lui a pas été favorable. A la CR, nos listes ont obtenu 15 sièges, contre 11 pour les listes « Ensemble pour l’UFC » et 7 pour les listes syndicales. A la CR restreinte aux PR (7 sièges sur 13) nous savons la majorité absolue, et à la CR restreinte PR et MCF HDR nous avons 9 sièges contre 7 pour les listes de notre concurrent. A la CFVU, où les usagers sont très fortement représentés, notre position dans les formations restreintes est également dominante (5 sièges sur 8 PR et 9 sièges sur 16 PR-MCF). Et dans chacun de ces deux conseils, il n’est pas sans intérêt de souligner l’absence totale d’élu, sur les listes portées par Daniel Gilbert, dans le domaine Disciplines de santé. Comment espérer gouverner efficacement l’Université pour les quatre années à venir dans une telle configuration ? Comment fédérer les énergies et conduire une politique avec efficacité dans une telle position de faiblesse ?

La mobilisation de tous, nous entendons la mener à bien. Oubliant les querelles stériles et inutiles, faisant table rase des divergences passées, ouvrant la porte à toutes celles et à tous ceux qui voudront participer à l’élaboration de la politique de l’établissement, nous entendons restaurer l’unité de notre communauté. Au cours des derniers mois, nous avons déjà amorcé ce travail de rassemblement en dialoguant avec de nombreux soutiens de nos concurrents, afin de mobiliser les bonnes volontés, avec un réel succès. Si nous remportons les élections, notre démarche excluant tout esprit de revanche sera ainsi fondée sur l’ouverture à tous les collègues désirant relever avec nous les nombreux défis auxquels sera confronté notre établissement.

Cette unité sera un atout considérable dans les mois à venir, notamment dans le contexte de construction toujours en cours et plus que jamais nécessaire d’UBFC, notre université fédérale de recherche. Là encore, sur ce point essentiel de notre avenir, l’attitude de responsabilité que nous avons adoptée depuis de longs mois n’est pas celle de nos compétiteurs. Alors que le scrutin n’avait pas encore abouti à l’UB, nous avons toujours affirmé notre détermination à travailler avec l’équipe qui serait élue, quelle qu’elle soit, et nous avons entretenu des relations cordiales avec les deux candidats. Daniel Gilbert a adopté une attitude toute différente, proclamant dans toutes ses réunions publiques l’existence d’un « ticket » entre lui et le candidat bourguignon qui n’a pas été élu et vilipendant le projet du nouveau président de l’Université de Bourgogne, accusé d’être un partisan de la politique « des petits pas » et étroitement associé, dans la réprobation, avec notre projet.

De notre côté, nous entendons travailler en étroite collaboration avec les équipes de gouvernance de l’UB et des autres établissements membres ainsi qu’avec la future gouvernance de la Comue, en promouvant la réussite d’UBFC sans rien renier de notre identité, en créant les conditions d’un dialogue fructueux sur un pied d’égalité avec nos interlocuteurs, et surtout en entraînant l’adhésion de l’ensemble de notre communauté sur un projet partagé et discuté, dans lequel chacun pourra se retrouver. Telle est la seule condition d’une réussite d’UBFC qui nous fuit depuis trop longtemps.

L’un de nos premiers objectifs sera d’obtenir la reconduction d’ISITE et de tracer les contours de son avenir. Comme vous le savez sans doute, le ministère a maintenu la remise du dossier d’évaluation pour le mois de juillet dernier, mais il a accordé un délai supplémentaire pour la présentation du nouveau projet, afin de laisser le temps aux nouvelles équipes de l’élaborer ensemble. C’est désormais au début de l’année 2021 que ce projet devra être remis. Laissant de côté les sujets futiles et sources de discorde, il nous faudra travailler avec détermination, efficacité et dans un esprit d’unité afin que tous les domaines disciplinaires de l’UFC puissent trouver leur compte dans le futur projet. A cet effet, un chargé de mission spécialement dédié à la préparation de ce projet sera désigné, signe de notre détermination à réussir dans cette nouvelle étape de la construction d’UBFC et de notre avenir.

Notre programme, vous le connaissez. Notre projet, c’est celui de la réussite collective de notre communauté universitaire, fondée sur nos valeurs, ancrée dans notre territoire, ouverte sur le monde. Notre détermination, c’est d’entrer en action avec rapidité et efficacité, avec le concours de toutes les bonnes volontés réunies dans l’intérêt commun.

Nous vous remercions vivement par avance pour votre soutien.

Macha Woronoff et toute l’équipe des listes « Pour une Université de Franche-Comté d’Ambitions et de Valeurs ».


[1] Mail du 16 mars 2020 adressé par Daniel Gilbert à toute la communauté universitaire.

[2] AEF n°623882 du 20/03/2020 « …Devance d’un siège la liste de Macha Woronoff et annonce déposer un recours… » « …demande l’annulation totale des élections… ».

[3] AEF n°632301 du 23/07/2020 « Ce dernier refuse la solution proposée par la commission des opérations électorales et maintient son recours devant le tribunal administratif, qui devrait se prononcer le 22 septembre. »